samedi 14 janvier 2017

avoir et être

Avoir et être


Dialogue de sourds
Entre être et avoir…
Pas le même discours
Ni le même côté du miroir !

L’un préfère posséder
L’autre est plus sage…
A chacun ses souliers
A chacun son bagage…

Tant de choses appauvrissent
Et rendent les doigts crochus…
Quand tant d’autres enrichissent
Dépouillées de leurs écus !

Tout se joue entre un plumage
Et autre panache…
Ou un quelconque ramage
Tant pis si je fâche !

Deux fameux auxiliaires
Voire deux croisades…
Pour servir un vocabulaire
Qui ne soit pas une mascarade !

Drôle de dualité que ce matériel
Qui joue à cache-cache
Avec l’humain et le  spirituel…
En se retroussant les manches !

Un lourd coffre-fort
Jouant à colin-maillard
Aurait bien tort
De doubler un corbillard !

On dirait que la langue Française
Joue avec ces deux verbes
En créant un malaise
A qui sera la mauvaise herbe !

14 01 2017











lundi 9 janvier 2017

le couloir du temps

Le couloir du temps

Dans le couloir du temps
Un curieux fil rouge
S’étire au gré des ans
Qui sans cesse s’y engouffrent…

C’est l’écheveau de la vie
Qui lentement se dévide…
Un petit bout de l’infini
Qui donne la peur du vide…

Il raconte un destin
Et ses années poubelle…
Ses crépuscules et ses matins
Ses rebonds et ses gamelles…

Ses ciels bleus azur
Et ses ciels de traine …
Ses cruelles froidures
Et son rouet dont la laine

Tisse les saisons de la vie
Aux roses avec et sans épines…
En déroulant avec mépris
Son inextricable bobine…

Mais le couloir du temps
N’est qu’une salle des pas perdus
Où l’on cherche vainement
A donner un sens à son vécu…

En brûlant ce qu’on a adoré
En sautant à pieds joints
Sur un odorant passé
Dont on n’aime plus le parfum…

Le temps qui passe
Est un marché de dupes…
Qui laisse souvent sa place
Au pire des tumultes…
Contre un plat de lentilles
Célèbre dans les mémoires
Toute une vie vacille
En marquant la fin de l’histoire…  06 01 2017













mercredi 30 novembre 2016

arrêt sur image

Arrêt sur image

J’ai fait l’école buissonnière
En choisissant  la rue
Aux programmes scolaires
Et aux sentiers battus…

A celle de la vie
J’ai appris tant de choses…
Les épines de mes envies
Et la douceur de leurs roses…

D’autres pédagogies
M’ont appris à vivre
En dehors de l’enseignement choisi
Par d’autres à travers les livres…

J’ai jeté aux orties
Toutes les institutions
Qui m’avaient cloué aux piloris
Pour faire mes propres moissons…

J’ai été libertaire
Et avocat du diable…
En choisissant de me taire
Quand il fallait flatter la fable…

En aboyant avec les loups
Qui hurlent à la lune
En marchant au licou
Pour quelque fortune…

Serait-ce  une sagesse tardive
Et à des mers plus calmes
Après mes fougues subversives
Que de  rendre les armes…

L’âge a fait son œuvre
Et calmé mes tempêtes…
En me faisant avaler des couleuvres
Qui m’avaient paru indigestes…


30 II 2016



mardi 22 novembre 2016

La clé de nos prisons

La clé de nos prisons
La vie n’est que provisoire
La vérité est toujours partielle…
Quand elle n’est pas aléatoire
Dans notre liberté conditionnelle…

Et nous bâtisseurs de l’absurde
Nous construisons nos propres prisons…
Sans aucune analyse ni étude
Bornant ainsi notre horizon…

On cultive cet art suprême
De forger nos barreaux
Et tisser nos chaines
Pour mieux courber le dos…

Sans nous demander
Comment vaincre l’éphémère…
En cessant de se hasarder
En nous séparant  par des barrières…

Sommes-nous vraiment
Ces mammifères supérieurs
Et ces roseaux pensants
Qui se créditent de tant de valeur !

La vie est  une prison sans barreaux
Voire à ciel ouvert…
Inutile d’y ajouter des murs si hauts
Dont le bonheur n’a que faire !

D’abord nous nous enfermons
Avant de jeter la clé…
Pour mieux rêver d’évasion
Après souvent une vie bâclée…

Au plus nos murs sont lisses
Au plus nous sommes avides…
Mais inexorablement nos mains glissent
Nous entrainant dans le vide…


22 11 2016














mardi 1 novembre 2016

histoire d'humour

Histoire d’humour

On éternue à deux cent à l’heure
Mais fait un bébé à quarante…
On imagine dans l’horreur
L’inverse de la tourmente !

Mais ces vérités gynéco-physiques
Ne sauraient changer les choses…
Cueillir des fleurs sera toujours érotique
Malgré les épines des roses !

Quoique si en faisant l’amour
On pouvait éviter des va et vient…
En faisant simplement demi-tour
Que d’énergie en moins !

Mais le miracle de la vie
En est la récompense…
Un messie…s’investit
Il ressort une naissance !

Quelle alchimie quand même
Un simple grain de riz
Prenant forme humaine
Dans un si petit nid !

Mais un jour la technologie
Finira par tuer le savoir- faire…
On fera ça par télépathie…
Pour le repos des lombaires !

Mais vive la tradition
Et nos moments de liesse…
Cultivons encore le flacon
Qui nous donne l’ivresse !

Les sciences humaines
N’ont pas dit leur dernier mot…
A l’inverse de mon poème
Dont l’humour a bon dos !


02 11 2016










vendredi 14 octobre 2016

l'art de la fable

L’art de la fable…

Après celui de la table
Voué à la convivialité
Celui de la fable…
Tout sauf la vérité !
                                            
Le grand débat
Avec effets de manches
Un grand fatras
Pour scrutins du dimanche !

Une vaste mascarade
Où d’habiles dialecticiens
Soignent des malades
Comme de faux praticiens !

Guignol n’est pas mort…
Après cette joute oratoire
Où personne n’a eu tort
Façon camelots de foire !

Un ballet d’orateurs
Sur une scène peu crédible…
Avec de piètres acteurs
A la gestuelle ostensible !

Une parfaite connivence
Jaillie du chapeau…
En toute innocence
Dans un sympathique chaos !

Les mots vont et viennent
En parfaite contradiction…
Servant à ceux-là mêmes
Qui pratiquent la contestation !

Des jeux de rôle
Appris par cœur…
Des tapes sur l’épaule
Pour minimiser les erreurs !

Un grand débat
Pour un grand déballage…
Quelques coups bas
Sous le bon éclairage !

Qu’importe le micro
Seule compte la prouesse…
Si elle se fait écho
A toutes les ivresses !

Une course aux primaires
Avec erreurs judicieuses…
Je n’ai pas dit judiciaires…
 La rime eût été malicieuse !

Quel vol d’hirondelles
Au doux plumage…
Virevoltant dans le ciel
D’hypothétiques sondages !

L’art de la table
Pour de malins couverts
Et celui de la fable
Pour mes drôles de vers !
14 10 2016  


samedi 8 octobre 2016

jardins et salons

Jardins et salons

Il est un lieu Elyséen
Où j’aimerais planter
Des fleurs dignes de ce jardin
Pour créer une diversité…

En ce lieu monarchique
Des plantes carnivores
Des fleurs du mal sadiques
Pour parfaire le décor…

Je l’imagine austère
Ce pays de Hollande
Où des tulipes en jachère
Vers la lumière se tendent…

Trop de fleurs de lys
Et de mauvaises herbes
Indécemment y fleurissent
Et autant de mauvais verbes…

Leurs fleurs de rhétorique
Sont indignes de Molière
Etant soporifiques
Et surtout délétères !

Ça rappelle Versailles
Et le grand Lenotre
Où il fait bon ripaille
Et où Epicure se vautre…

Leur vérité électorale
N’a qu’à bien se tenir…
Elle est au végétal
Ce que le présent est à l’avenir !

J’ai juste fait un détour
Par ces salons champêtres
De la rue du faubourg
Comme on écrit une lettre…
 En forme d’épître
Une sorte de satire
Sans faire le pitre
Avec un certain sourire…    08 10 2016